Mettre en lumière les potentialités insoupçonnées du sol

Déchets organiques

Les différents types de déchets

1) déchets de l'industriel agroalimentaire

- déchets d'origine animale : issus de la filière des produits carnés, des produits de la pêche et des produits laitiers

- déchets d'origine végétale : issus de la filière viti-vinicole, filière céréalière et filière de la transformation des fruits et légumes

 

2) déchets du secteur du traitement des eaux usées

 C'est principalement la production de boues extraites des bassins de décantation.

 

3)  déchets verts

Ces déchets sont issus de l'entretien des espaces verts urbains (tontes de gazon, broyât de branches).

 

4) déchets organiques des ménages

Cette partie est constituée de la fraction fermentescible des ordures ménagères.

 

Les solutions bio-inspirées

1) la méthanisation

Cette transformation biologique des matières organiques se déroule à l'état naturel dans des marécages et se produit en absence d'air. Elle a été découverte par Alessandro Volta en 1776.

Pour exploiter cette technique, les déchets sont placés dans des enceintes (biorécteurs) à l'abri de l'air pour produire du méthane qui est valorisé comme bio-combustible dans des véhicules ou pour produire de l'électricité, idéalement par co-génération afin de valoriser l'énergie calorique issue du refroidissment des turbines de cogénération.

Des acteurs d'envergure exploitent cette technique, il existe aussi des solutions pour des unités de plus petite taille: ainsi l'association toulousaine, Picojoule développe ce type d'application à l'échelle locale. De son ccôté, la société "SCTD-industrie propose une solution "clés en main".

 

2) le compostage

Cette transformation se déroule en présence d'air, on la retrouve tout naturellement dans la nature : lorsque les feuilles des arbres tombent sur le sol ce processus de ccompostage va les transformer en humus forestier. L'exploitation de cette technique par l'homme remonterait à mille ans avant Moïse (source).

Cette technique est désormais utilisée à grande échelle dans plateformes de compostage selon des méthodes contrôlées et normalisées.

 

3) le lombricompostage

Ce procédé de transformation fait intervenir l'action des vers de terre. A l'état naturel, cela se produit depuis l'apparition des vers de terre, soit environ 200 millions d'années. Darwin, dans son écrit de 1881, « La formation de la terre végétale par l'action des vers de terre avec des observations sur leurs habitudes », a mis en lumière l'action décisive de ces êtres vivants pour le bon fonctionnement des sols.

Le renouveau récent de l'agroécologie remet à l'ordre du jour ces êtres vivants, à tel point que la mascotte du MOOC "Agroécologie" est un vers de terre, nommé Archibald.

Aujourd'hui, on trouve une offre de lombricomposteurs domestiques, d'ailleurs je travaille actuellement sur la conception d'un tel produit (cf rubrique Projets). Ceci dit, le développement de procédés à plus grande échelle reste encore anecdotique. La société allemande Vermigrand a développé une méthode de taille respectable pour valoriser les déchets et produire du lombricompost (vidéo). Une autre société belge, Purver, a développé une unité à grande capacité également (vidéo).

 

4) la biodigestion par des larves d'insectes

L'insecte phare pour réaliser ce type de biodigestion est à ce jour,

Les avantages :

- rapidité : ces larves peuvent ainsi consommer de 10 à 40 kg de déchets organiques par m2 et par jour

- absence d'odeurs car les matières organiques sont rapidement consommées

- absence d'autres insectes (même raison que pour le point précédent)

- capacité à consommer des matières d'origine animale (à la différence des procédés de compostage/lombricompostage)

- hygiénisation : ces larves produisent des enzymes qui détruisent les graines éventuellement présentes

- les larves arrivées à maturité (avant de se transformer en mouche) quittent la zone où se trouvent les déchets, ce qui permet justement de les récupérer pour les valoriser et contrôler leur présence sur le site de biodigestion

- obtention de sous-produits valorisables pour l'alimentation animale à partir de la collecte des larves (présence de calcium bioassimilable)

- obtention d'un engrais : la société Entomofarm a produit un guano à partir de leur élevage d'insectes